« Aucun peuple n’a jamais reçu le don de son Etat sur un plateau d’argent »
(Haïm Weizmann)

… Tout s’apaise sur cette terre,
aux derniers feux du crépuscule
Alors qu’elle sombre lentement dans la nuit,
Entourée de nuées lointaines.
C’est là qu’est dressée la nation,
– cœur affligé mais palpitant,
(…)
Saisie de larmes et de stupeur
la Nation les interpelle,
Elle demande : mais qui donc êtes-vous ?
Et de répondre : c’est nous qui sommes
le plateau d’argent sur lequel la patrie des Juifs t’est offerte.
Ainsi parlèrent-ils, écroulés à ses pieds,
enveloppés de pénombre…
Et le reste sera conté dans les chroniques d’Israël.
Nathan Alterman

Le jour du souvenir… de Qui, de Quoi ?
Cette question se pose chaque année la veille du jour de l’indépendance de l’Etat d’Israël, la veille de Yom Haatsmaout, la plus douloureuse des journées de l’année.
Mais , à mon humble avis, c’est aussi la journée qui a également le plus de sens, le plus de recherche de sens, de recherche de direction.

Cela fait maintenant 23 ans que j’ai compris le sens de cette journée.

J’étais alors un jeune immigrant – olé h’adash, Israël se dévoilait à mes yeux, j’étais fier d’être soldat de Tsahal, j’accomplissais un de mes rêves.

Et puis j’ai compris…

J’ai compris la douloureuse signification de cette journée.
J’ai compris en quoi et comment des milliers de nos frères ont contribué en donnant leur vie à la construction de notre Etat et de notre société.
J’ai compris en quoi ils ont, au prix de leur vie, contribué à transformer le sang en lait et le dard de l’abeille en miel.

J’ai compris qu’ils étaient le plateau d’argent sur lequel l’Etat d’Israël naquit et renait chaque jour.
Haïm Weizman avait raison dans ce sens où il est dur de créer et de développer un Etat, notre Etat.
Mais Haïm Weizman à moins raison dans le sens où ce plateau d’argent existe d’après les magnifiques vers de Nathan Alterman.

Ce plateau a été forgé de notre bien le plus précieux, de nos frères, sœurs, fils, filles, pères, mères, cousins, cousines, amis, amies.

C’est ainsi, avec leur souvenir, que nous franchissons ensemble chaque année le seuil de l’Indépendance.
La réelle Indépendance ne peut se ressentir que si nous sommes conscients de la difficulté de la tâche à accomplir pour l’acquérir et du fait que certains ont été jusqu’à perdre leur vie pour cela.

Aujourd’hui je me souviens de Daniel, Jordan, Yohan, Ytsh’ak, Emmanuel, Céline, Eiran, Ariel, Ilan, Jonathan, Arié, Gabriel, Myriam, Yohan, Philippe, François-Michel, Yoav …

Que leur mémoire soit bénie – יהי זכרם ברוך

Ariel Kandel