Mr le Premier Ministre, M. Le Président de la Knesset, Messieurs les ministres, Mr le Président de la commission de l’Alyah et Intégration, Messieurs les Députés, chers amis, chers membres des associations, chers Olim.

Je voudrais parler de l’Alyah de France.  4000 olim en 2016 et à peu près la même chose cette année. Alors, oui…on pourrait se satisfaire de ces chiffres, en se rappelant que la moyenne des années 2000-2010 était de 2000 Alyhotpar an.

Avec 4000 olim, la France représente encore la Alyah la plus importante avec la Russie.

 

 

Chaque Alyah représente un petit miracle. Pourquoi ? Parce que les juifs qui habitent aujourd’hui encore en France ont un lien très fort avec leur pays, la France, pays des Droits de l’homme, la France quifut le premier pays à émanciper les juifs.

Le gouvernement français aide beaucoup la communauté juive. Il y a au moins autant de synagogues, de restaurants cachères à Paris qu’à Tel Aviv. Du point de vue économique, la moitié des juifs français ont une bonne situation économique, la moitié sont des familles pauvres mais qui reçoivent une aide sociale très importante de l’Etat. Donc chaque Alyah est presque miraculeuse. Je voudrais remercier tous les olim qui prennent cette décision courageuse de venir en Israël. Je voudrais remercier également l’Etat d’Israël et tous les ministères qui font beaucoup d’efforts pour favoriser cette Alyah miraculeuse, Toda Raba. D’ailleurs, un des sens du mot Alyah est « montée miraculeuse ».

Maintenant que nous somme réjouis, il faut néanmoins regarder la situation en face : 4000 olim venant de France insuffisant, c’est un échec.Pourquoi ?

Parce qu’en 2014, 6000 juifs sont montés et qu’en 2015, 8000 ont fait leur Alyah.

Parce que la France est la 2ème communauté juive de diaspora : elle comprend un demi-million de juifs selon la halacha et un million qui ont au moins un père juif et qui se sentent juifs.

Comme vous le savez tous, la situation des juifs de France est mauvaise. Encore cette année, 2 actes antisémites graves ont frappé la communauté. Mme Halimi qui a été défenestrée au cri d’Allah Wakbar par un voisin, et qui en est morte et Mr Roger Pinto, dirigeant communautaire de Siona, ancien vice-président du Crifqui a été victime d’une attaque de malfaiteurs, ligoté et frappé pendant des heures. Pourquoi ? Parce qu’étant juif, il devait avoir beaucoup d’argent.

Cette situation où la terreur frappe des juifs parce qu’ils sont juifs devrait entrainer une Alyah massive. En outre, une étude très approfondie en France, a conclu que 100 à 200 mille juifs de France ont dit qu’ils réfléchissaient très sérieusement à faire leur Alyah.

 Donc, le chiffre de 4000Olim par an est insuffisant et pour nous, est un échec.Quelles sont les raisons de cet échec ?

A nos yeux, la raison majeure du faible nombre de juifs faisant leur Alyah tient à la qualité de la klita, l’Intégration. L’Etat d’Israël, je l’ai dit précédemment, fait beaucoup de choses, met en place des programmes, mais à l’évidence, cela ne suffit pas. Ces programmes ne touchent pas assez d’olim. Aujourd’hui, 1/3 des olim en âge de travailler qui ont fait leur Alyahces 5 dernières années n’ont pas de travail. Cette klita non réussie entraine des yéridotes et des gens très amères de leur situation difficile en Israël. Ils font alors une antipublicité majeure pour leurs familles et leurs amis qui sont restés en France. Cela est la cause principale du nombre insuffisant d’olim.

LA QUALITE DE L’INTEGRATION EST LA CAUSE MAJEURE DU FAIBLE NOMBRE D’OLIM DE CES DEUX DERNIERES ANNEES.

C’est économiquement rentable pour l’Etat d’Israël d’augmenter les ressources allouées à la klitades olim francophones.  En effet, une étude académique reconnue de l’Université de Bar Ilan a démontré qu’un shekel investi à la klitades olim de France rapportait 15 shekels en neuf ans à l’Etat d’Israël.

Aider la klita est une obligation de la Torah. En effet, le roi Koresh de Perse a déclaré dans DIVREI HAYAMIM  et dans EZRA

« ד’ פקד עלי לבנות לו  בית בירושלים…מי מכם מכל עמו יהי אלוהיו עמו ויעל לירושלים וכל הנשאר מכל המקומות אשר הוא גר שם ינשאוהו אנשי מקומו בכסף ובזהב וברכוש ובבהמה… »

רשי מסביר: « כל יהודי הנשאר »: שלא יוכל לעלות מחמת שאין לו ממון

« ינשאוהו »: מצווה אני לאשני מקומו שיעניקוהווינשאוהו בכסף ובזהב וברכוש ובמהות למען יוכל לעלות ירושלים »

« Et il m’a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Judée. Et celui qui est avec vous de tout son peuple, que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem, qui est en Judée ; Tout celui qui restera ou ne pourra pas faute de moyens sera porté par les gens de sa place, avec de l’argent et de l’or, des biens et du bétail, explique Rashi.

C’est donc une Mitsva, c’est un devoir de donner les moyens à tous les Juifs qui veulent immigrer en Israël

Aider la klita francophone est également, une reconnaissance de ce que la communauté juive française a apporté au pays et qui est hélas souvent méconnue.

La France a été un grand allié d’Israël entre 1948 et 1967 ; l’armement de Tsahal en 48 et 56 était constitué d’armes françaises obtenues grâce au talent de Shimon Peres. En 1968, c’est l’action du général Bernard Cazelles qui a permisàIsraël de récupérer les vedettes de Cherbourg.

Des intellectuels très brillants se sont formés en France et ont dirigé des écoles, des centres très importants avant de s’installer en Israël et d’y apporter leur lumière, je pense à des figures comme Léon Ashkenazi dit Manitou, André Neher, Benno Gross, Béni Lévy, zihronamelivraha.On doit également se souvenir du rôle de Charles Netter à l’origine de la création de Mikvé Israël, du baron Edmond de Rothschild, qui a permis la construction de très nombreuses villes en Israël, de Gustave Leven qui a discrètement financé des projets secrets très importants pour l’Etat pour des sommes considérables et dont l’influence bénéfique se ressent toujours à travers la Fondation Rashi. Emmanuel Moréno né en France est devenu un des plus grands soldats de Tsahal. David Harrari, français est le père des drones israéliens, et la liste est encore longue des justes français qui ont mérité l’Etat d’Israël.

Nous sommes convaincus que dans les prochains olim hadachim nous aurons de grands artistes et des nouveaux Chagall et des hommes d’affaires aussi brillants que Patrick Drahi

J’ai compris qu’aujourd’hui est un jour de fête et non pas de réclamations. Mais, Mr le Premier Ministre, permettez-moi de dire quelques mots, au nom des soixante associations israéliennes, membres de Qualita, qui aident sur le terrain les olim francophonesdans les domaines du travail, de l’éducation, de la langue  et du logement.

C’est indispensable en raison du danger dans lequel se trouve les juifs français.

Il faut donc augmenterles moyens pour la klita– pour leur bonne intégration !

Nous avons besoin pour les deux prochaines années de 20 millions de dollars, soit35 millions de shekels par an pour améliorer très significativement, presque révolutionner cette klita francophone. C’est certes beaucoup d’argent mais au regard des enjeux, de l’opportunité historique de faire monter des dizaines de milliers d’olimfrancophones, cette somme est plus que raisonnable.

L’organisation NefeshBenefesh fait un travail fantastique pour les olim américains et reçoit des subventions importantes notamment du KKL. Nous souhaitons le même modèle d’intégration et que ce budget supplémentaire aille donc aux actions des Associations sur le terrain. Pourquoi en subventionnant les Associations ? Parce que nous avons des directeurs, des militants, qui depuis cinq ans, dix ans ou vingt ans, connaissent parfaitement les besoins des olim et font un travail magnifique pour améliorer leurs situations. Qui connait mieux que Kiah (kolisraelhaverim) les problèmes éducatifs pour aider les jeunes élèves français ? Il faut donc donner les moyens au ministère de l’Education de renforcer et de multiplier son partenariat avec Kiah. Qui connait mieux les problèmes des étudiants et des soldats que le Cnef qui travaille depuis 25 ans sur le sujet ? Qui connait mieux le problème des haut-diplômés que Gvahim ? Je pourrais poursuivre mais la liste serait longue.

Qualita rêve d’ouvrir 2 Hub-Emplois à Tel Aviv et Netanya en partenariat avec le Ministère de l’Alyah et de l’intégration, comme celui que nous avons ouvert récemment à Jérusalem et avec l’aide des équipes de Qualita qui réussissent si bien à Jérusalem. En effet, depuis son ouverture il y a 6 mois nous avons aidé 1200 personnes dans leur parcours professionnel et trouvé du travail à 71 d’entre eux. Celui qui connait le milieu professionnel du placement comprend que c’est un très bon chiffre.

Nous avons également besoin du Ministère du Travail et de l’Economie pour un budget supplémentaire pour accroitre l’accès auxvoutcherim pour payerdes stages de reconversion professionnelle.

Nous avons besoin des municipalités pour améliorer le sort des proyectorim.

Nous avons besoin de l’aide du Ministère de la Santé pour aller plus loin dans la reconnaissance des diplômes français. Nous le remercions d’avoir facilité l’an dernier la reconnaissance des diplômes des dentistes, des pharmaciens, et des médecins internes mais nous devons résoudre le problème des infirmières. Les infirmières françaises sont plus qualifiées que les infirmières israéliennes, il y a un manque criant d’infirmières dans le pays et plusieurs directeurs d’hôpitaux nous ont écrit pour s’engager à embaucher tout de suite 150 infirmières qui pourraient venir de France. Il faut donc que les infirmières aient une reconnaissance totale de leurs diplômessans passer par des examens !

 Je suis convaincu qu’avec tous ces Ministères, avec le Ministère de la Alyah et de la Klita, nous allons pouvoir ensemble, côte à côte, faire plus et aider plus de Olim pour le bénéfice de l’Etat d’Israël.

Mon dernier mot est un message d’espoir.

Nous ne souhaitons pas subventionner à vie une génération d’olim qui serait des assistés et d’ailleurs, les olimeux-mêmes ne le souhaitent pas. Pour un olé, toute aide –et pas forcément financière-  peut transformer sa situation et rendre ses débuts en Israël plus facile. Nous avons donc lancé le projet Qualitime, il y a un mois. Chaque olé ancien ou un Tsabar donne de son temps à un olé hadach pour l’aider dans tous les domaines : par exemple traduire des documents administratifs aider les enfants à faire leurs devoirs en Ivrit, aider à faire les courses aujourd’hui, inviter une famille pour shabbat, donner des premiers conseils professionnels etc. Or, nous avons suscité un grand mouvement de solidarité : plus de 1000 bénévoles se sont déjà inscrits pour donner deux heures par mois ou par semaine de leurs temps, et le mouvement ne fait que commencer !!

Mon cher ami, Nathan Sharanski ici présent, a déjà accepté de donner quelques heures par mois pour enseigner àdes enfants d’olim à jouer aux échecs et nous l’en remercions !

Nous vous invitons vous aussi, toutes les personnes présentes à donner deux heures par mois pour aider concrètement la klita et rejoindre ce magnifique mouvement de solidarité.

Je vous remercie et Hag Alyah Sameah !

Marc Eisenberg
Président de Qualita