Les infirmiers et infirmières françaises pourront-ils, demain, grâce à Qualita, exercer en Israël avec leur diplôme d’origine ?
C’est le souhait de l’organisation qui se bat depuis des mois pour que cette revendication soit entendue. « Aujourd’hui, le diplôme français est reconnu dans des dizaines de pays », explique Esther Blum, responsable du dossier chez Qualita : « Les infirmières française sont donc habilitées à soigner un demi-milliard de personnes sur la planète, mais pas les Israéliens qui sont pourtant supposés encourager l’alya française. La situation est ubuesque ».

L’injustice semble flagrante… Mais aussi et surtout absurde, si l’on considère la pénurie d’infirmières que connait le pays. Il n’empêche… Pour exercer en Israël, les infirmiers et infirmières françaises sont tenus de passer un examen similaire à celui des autres jeunes étudiants 100 % Israéliens. Examen pour le moins complexe pour les étrangers qui connaissent un taux d’échec de 70 %. « Ces personnes pratiquent leur métier depuis des années », décrypte Esther Blum. « Or on sait bien que les connaissances testées sont beaucoup plus abordables lorsque l’on termine juste ses études et que l’on est encore dans la logique des cours ».

Les infirmières française sont habilitées à soigner un demi-milliard de personnes sur la planète, mais pas les Israéliens.

On dénombre quelque 80 praticiens français ayant émigré depuis 2013. Une vingtaine ont abandonné le processus, dont certains avec 10 ou 25 ans d’expérience. Un gâchis. Alors pourquoi ces praticiens expérimentés ne sont-ils pas reconnus compétents dans leur nouveau pays ? « Les dentistes, médecins et pharmaciens français ont obtenu une reconnaissance automatique de diplômes, mais les infirmiers sont encore lésés », reprend Esther Blum. « On nous explique, au ministère de la Santé, qu’ils doivent êtes encore plus compétentes que les médecins, mais l’argument laisse songeur ».
Ainsi, les autorités continuent d’ignorer la situation. Un silence qui a conduit Qualita à envisager un recours devant la cour suprême israélienne et à mandater un cabinet d’avocats spécialisé en action de groupe pour le mener. A moins que le ministère ne décide de régler le dossier d’ici là… Une réunion est prévue fin avril.
diplomes@qualita.org.il