leMag’ : Expliquez-nous la raison d’être de ce Hub de l’Emploi. Mais au fait un Hub, c’est quoi ?

Ariel Kandel : Un Hub, c’est un ‘intégrateur’. Il faut savoir que sur les
23 000 olim qui sont arrivés ces quatre dernières années, 4500 olim sont en âge de travailler et plus de 2500 ont encore besoin d’avancer, de s’intégrer dans le domaine de l’emploi. L’idée du Hub est d’essayer d’apporter à chacun une possibilité d’avancer dans le monde de l’emploi. Certains le font via du conseil, d’autres via l’équivalence des diplômes, d’autres encore via des formations professionnelles, des placements en entreprise, un oulpan professionnel, et très prochainement via un accompagnement en entreprenariat pour des gens qui veulent ouvrir en Israël une TPE ou une TME (une petite ou moyenne entreprise). Tout cela nécessite de créer un lieu avec une équipe qui est capable de donner une réponse à ces gens-là qui veulent avancer au moins d’une étape dans le monde de l’intégration professionnelle en Israël. C’est ce que propose le Hub de l’Emploi créé par Qualita.

Concrètement, quels sont les gens qui peuvent se sentir concernés par ce Hub ?

A.K : Ceux qui ont un diplôme qui doit être validé par l’État, par une équivalence, ceux qui ont besoin d’un conseil, d’un placement, d’une reconversion, d’un bilan de compétence, etc… Bref, c’est pour tout le monde ! Nous avions comme objectif de recevoir 1000 foyers au cours de la première année. Au bout d’un mois de travail, on a déjà plus de 200 olim qui sont arrivés et nous avons donc largement dépassé cet objectif ! Parmi les personnes qui viennent nous consulter, des olim ‘hadachim’ mais également ceux qui sont moins ‘hadachim’, arrivés depuis quelques mois, depuis quelques années, parfois même depuis 7 ou 8 ans, mais aussi des gens qui ne sont pas encore arrivés, qui doivent faire leur alyah cet été et qui font appel à nous pour bénéficier de nos différents services. Quel que soit son niveau d’études, son niveau de langue, son diplôme, le but du Hub de l’emploi est d’élargir le service à tout olé ‘hadach francophone en Israël afin de lui donner un service adapté, car pas tout le monde a besoin du même service.

Combien d’olim doivent arriver cet été ? Quelles sont les demandes les plus fréquemment enregistrées ? Sur les 200 personnes que vous avez reçues jusqu’à présent, qu’est ce qui revient de manière récurrente ?

A.K : Tout d’abord, d’après l’Agence juive, on devrait arriver à environ 4500 olim pour l’année 2017, mais on en saura plus après l’été car c’est cette période qui fixe la donne. Certes, c’est en baisse par rapport aux 7000 ou 8000 qu’on a connus, mais cela pointe également le problème. Il y a ainsi plus de 1000 dossiers qui sont constitués à ce jour à l’Agence Juive et pourtant les gens ne concrétisent pas leur désir d’Allah… Selon un sondage de l’IFOP, 43% des personnes interrogées disent « penser à faire » leur alyah et 13% déclarent « vouloir sérieusement » faire leur alyah, pourtant ils ne la font pas … Cela démontre un grave problème dans ce qui est lié aux « pistes d’atterrissage », aux programmes d’intégration pour les olim, surtout pour les familles. C’est pour cela que le Hub de l’emploi a été créé, car on estime que le premier souci des olim ‘hadachim, c’est surtout l’emploi – parallèlement à l’éducation des enfants. Quant à votre deuxième question, parmi les gens qui viennent nous voir, beaucoup demandent du conseil général. Beaucoup sont en recherche d’emploi, parce que les gens qui sont depuis 3 ou 4 ans en Israël, et qui ont un certain niveau d’hébreu, ont quand même besoin qu’on les aide à rechercher un emploi. On fait donc du networking avec différents groupes qui se réunissent dans le Hub et ça marche très fort. On fait également des bilans de compétences et on va bientôt ouvrir des oulpanim professionnels ainsi que des formations professionnelles parce qu’il faut savoir que 50% des olim qui arrivent aujourd’hui et qui sont en âge de travailler, sont des gens qui ont le bac, un BTS mais pas forcément une formation universitaire. La plupart des olim comprennent que suivre une formation professionnelle – de surcroit subventionnée par l’État d’Israël (de 70 à 100%) – pourrait leur être plus que bénéfique pour s’intégrer dans le monde de l’emploi. Mais les olim de France n’acceptent pas forcément ces formations parce que la culture française fait qu’il leur est très difficile de se débrouiller tout seul dans ce système de bureaucratie israélienne. Le Hub de l’emploi est justement là pour les aider à accéder à ces formations professionnelles. Nous faisons donc le pont entre les olim et le système bureaucratique israélien afin de les aider à accéder à leurs droits d’olim ‘hadachim au niveau professionnel.

Quelques mots sur Studio Qualita. N’est-ce pas contraire à l’esprit de votre association qui a pour vocation d’intégrer les Français en Israël que de créer une radio où les Français parlent aux Français et où les Français écoutent les Français?

A.K : Nous nous sommes posés la même question. C’est pourquoi nous avons créé une radio surtout pour les nouveaux olim et non pas pour les francophones. Quand on parle d’olim, on pense à toutes ces personnes qui sont arrivées en Israël au cours des quatre dernières années, ou aux retraités qui sont là depuis un peu plus longtemps, et pour qui l’on aborde surtout des questions d’intégration et d’alyah. Ainsi, les Français ayant fait leur alyah depuis plus de quinze ans – donc forcément intégrés depuis lors – sont rarement nos auditeurs. Nous avons également ouvert une boîte vocale où les olim ‘hadachim peuvent poser toutes leurs questions, et où des spécialistes leur répondent au quotidien.Enfin, le but de cette radio, c’était aussi de faire ces petits films de 3/4 minutes – que l’on peut retrouver sur Youtube et sur Facebook – qui gèrent ces questions d’intégration. Et lorsqu’en terme d’audimat, on arrive à parler de plusieurs milliers de vues pour chaque vidéo, on se dit que oui, peut-être, à travers cette radio, on pourra faciliter les cinq premières années en Israël de ces olim. On peut dire que c’est ça le cœur de Radio Qualita.

Enfin, j’aimerais rajouter que, l’inauguration de la radio a eu lieu le soir de Yom Ha’Atsmaout avec la retransmission (par vidéo sur internet) de la cérémonie qui se déroulait au Kottel. 10 000 personnes ont suivi l’événement, dont 2/3 en France qui ont pu vivre ainsi ce jour de fête de manière un peu plus ‘pleine’. Et nous sommes fiers que Radio Qualita leur ait permis de s’associer à ce sentiment de reconnaissance identitaire.