“Les jours redoutables” sont derrière nous laissant place à l’euphorie des fêtes de Souccot. On a prié, on a discuté, on a mangé, on a jeuné, on a pardonné…ou pas. Et puis on s’est confessé…comme il se doit.

Aleph : Achamenou אשמנו . Beth : Bagadnou בגדנו .

En français ça donnerait : de un : nous avons était coupable. De deux : nous avons trahi. Mais je n’ai rien fait de tout cela, dit l’enfant devenu maman. Pourquoi m’accuser de tous les maux ? Réécrivons l’histoire et reformulons nos phrases : « ai-je abusé de la confiance d’autrui, ai-je aimé mon prochain autant que je l’aurais pu, ai-je abîmé des choses qui auraient encore pu être utiles, ai-je accusé à tort, ai-je bavardé à des moments où j’aurais dû garder le silence, ai-je bravé l’autorité que j’aurais dû respecter ?… » (R.D. Gottlieb).

Dans les mots de Houtselman, et avec un peu plus de recul par rapport aux sources cela donnerait :

Nous avons aimé, nous avons pleuré, nous avons donné, nous avons bien parlé, nous avons cru, nous avons essayé, nous avons commémoré, nous avons enlacé, nous avons gouté au livre, nous avons créé, nous avons langui, nous nous sommes battu pour la justice, nous avons usé du bien, nous avons tenté, nous nous sommes détournés pour voir, nous avons fait ce que nous devions, nous nous sommes écartés, nous avons eu raison parfois, nous avons appelé Ton Nom, nous avons voulu, nous nous sommes réjoui, nous avons soutenu.

Chaque année, à chaque tournant de notre existence, nous faisons face à des questions de vie pas toujours évidentes à trancher. Essayant de traduire nos idéaux, voire nos rêves dans nos réalités, il arrive que l’on tâtonne, que l’on trébuche, que l’on se fasse mal, que l’on fasse mal, que l’on compose des mélodies avec des notes un peu fausses. Il arrive également que nos erreurs, que nos manquements soient tous simplement l’expression de notre grandeur : de cette impertinence constructive qui nous pousse à croire en l’avenir, en nous-mêmes, en la force de vie, en le droit à l’erreur, et à l’avancement, et au recommencement, et aux festoiements.

Ici en Israël, chaque jour est un recommencement : avec sa dose d’appréhension, sa dose d’excitation, sa dose d’incompréhension, sa dose de compensation, sa dose de révélation, sa dose d’exagération, sa dose d’émancipation, sa dose de distanciation. Prendre du recul et de la distance sur l’intensité de l’expérience de la Aliya est sinon indispensable, du moins nécessaire pour pouvoir en apprécier la saveur comme la part de difficile et d’enjeux, de défis à relever.

Bravo donc à tous les olim, anciens, nouveaux, ou futurs, pour leur courage, leur sollicité, et leur capacité à tomber, à se relever et à continuer à croire en la possibilité de faire de leurs réalités le rêve qu’ils se sont fixés.
Bonnes fêtes à tous !

JoHanna Diane.