Chers amis, nous voici déjà à la veille de Pessah. Ce soir où nous célébrons la sortie d’Egypte, qu’on pourrait appeler la première alyah de masse. Quelques différences pourront néanmoins être relevées avec l’alyah que nous, juifs français, connaissons aujourd’hui …

D’abord, il est difficile de comparer l’esclavage que vécurent les juifs en Egypte avec la situation de la communauté en France même si, pour de nombreux olim, Israël représente une alyah spirituelle, un moyen de renouer avec ses racines, de rappeler son appartenance à un peuple.

Une deuxième différence notable avec ce que nos ancêtres ont vécu il y a 3300 ans réside, sans hésiter, dans les conditions de voyage. Elles ne sont évidemment pas comparables… Même si les derniers rangs des avions de Transavia n’offrent pas un confort maximal, il serait malvenu de les associer à une traversée de 40 ans dans le désert.

Pourtant, les juifs esclaves d’Egypte et les juifs qui quittent la France depuis 2015 ont aussi des points communs : ce sont des râleurs. A peine sortis, les premiers pleuraient qu’ils regrettaient la vie sous l’emprise du Pharaon. Les seconds se plaignent de la perte des allocations et de l’impolitesse des Israéliens. Mais que demande le peuple ? Il demande le retour des juifs sur leur terre.

Alors, qu’on sorte d’Egypte ou qu’on quitte la matérialité du monde occidental, le soir du Seder, chacun tentera de s’élever spirituellement à travers les explications de la Hagada de Pessah. Après un voyage parfois compliqué, chacun saura aussi, ce soir-là, avoir accompli des choses positives et être parti dans la bonne direction.