Quand Alya francophone rime avec productivité pour l’économie israélienne.

Sur chaque shekel investi par l’État d’Israël pour intégrer l’Alyah francophone, ce dernier récupère environ 15 shekels d’augmentation du PIB et 3,7 shekels de revenus fiscaux. C’est ce que montre une étude universitaire inédite sur l’Impact de l’Alyah de France sur l’économie israélienne. L’étude, menée par le Centre Aharon Meir de l’Université de Bar Ilan, analyse les bénéfices économiques dérivés de l’absorption des immigrants de France et les quantifie en termes d’augmentation de la croissance, de hausse absolue du PIB et d’accroissement des revenus fiscaux pour les caisses de l’État. Les choses sont dites : loin d’être une charge l’Alyah francophone représente un atout de taille pour la société israélienne dans son ensemble. Reste à ce que la capacité d’absorption de l’Etat hébreu soit réajustée à la taille des enjeux que l’Alyah francophone soulève.

Suite aux résultats probants de l’enquête des bénéfices économiques résultant de l’absorption des immigrants de France, Qualita ouvre un Hub emploi à Jérusalem.
L’analyse win-win de la question de l’emploi des olim francophones, n’est plus seulement une simple intuition. C’est par un travail rigoureux d’analyse et de calcul du rendement économique des fonds investis pour l’intégration des olim, que l’enquête de Daphna Abiram Nitzan et Elise Brezis a permis de mettre en avant une véritable ‘loi de retour direct sur investissement’ :pour chaque shekel investi aujourd’hui par l’État pour encourager et intégrer l’Alyah de France, celui-ci récupère en moyenne 3,7 shekels d’augmentation des revenus fiscaux.

Les résultats probants de l’enquête du rendement économique que représente l’Alyah francophone.
En effet, les résultats de l’enquête de Bar Ilan sont clairs : l’augmentation du PIB que génère l’immigrant moyen de France dans ce modèle (644 000 shekels) est considérablement supérieure au coût lié à son intégration et aux efforts investis pour le faire venir en Israël (43 000 shekels). Cet écart représente un rendement économique de 1 398 % sur l’investissement nécessaire pour faire venir des immigrants de France et les intégrer.
Le modèle de l’étude présente une contribution globale estimée à approximativement 6,2 % du PIB , se traduisant par une augmentation de la croissance de 0,46 % en moyenne par an.
Concernant l’augmentation des revenus fiscaux générée par l’immigrant moyen de France (161 000 shekels), on constate qu’elle est également supérieure à l’investissement budgétaire nécessaire pour le faire venir et l’intégrer (43 000 shekels).
Cet écart représente un rendement économique, en termes de budget de l’État, de 274 % sur l’investissement consacré à l’intégration des immigrants de France.

Une main d’œuvre de qualité pour l’économie israélienne.
L’Alyah de France, qui se caractérise par un taux élevé d’entrepreneurs, de personnes ayant fait des études supérieures et d’individus exerçant des professions académiques, offre une occasion en or pour l’économie israélienne, lui permettant de bénéficier non seulement d’une augmentation de la main d’œuvre, mais aussi du capital humain qu’apporte cette Alyah et de ses effets externes positifs sur l’économie israélienne et la société en général. En fait, l’économie israélienne reçoit « en cadeau » une main d’œuvre, formée et expérimentée, depuis le stade de l’enfance et jusqu’à celui de la fin des études universitaires et des stages. En outre, dans leur grande majorité, les immigrants français considèrent leur travail comme un élément majeur et souhaitent contribuer à l’État d’Israël et à son développement en tant qu’État innovateur et entrepreneur.

La contribution de l’entrepreneuriat et de l’innovation caractérisant les Juifs de France pour la productivité totale des facteurs se traduit à deux niveaux : premièrement, par une augmentation de l’innovation et de l’entrepreneuriat sur le marché, et deuxièmement, par les impacts positifs sur l’ensemble de l’économie, découlant de l’effet d’entraînement (spillover effect), qui entraîne un équilibre plus élevé du salaire et du PIB.

D’autre part, les études économiques révèlent que les immigrants représentent un élément important pour une croissance rapide, contribuent fortement à la flexibilité du marché du travail, augmentent la population active et paient davantage de taxes et de charges sociales que leurs homologues natifs. Au final, la migration professionnelle a un impact positif des plus significatifs sur le budget public.

Caractéristiques des immigrants de France en 2014/5
La vague d’Alyah de France des années 2014/5 se caractérise par l’arrivée d’immigrants universitaires exerçant des professions académiques et des niveaux d’études supérieurs à la moyenne chez les Israéliens avant leur arrivée.

Les caractéristiques des immigrants de France de ces dernières années mettent également en avant un faible risque de dépendance du système d’aides de l’Assurance nationale (Bitouah Leoumi), vu la relativement faible proportion de personnes admissibles à des allocations et avantages de l’aide sociale. Par ailleurs, une partie non négligeable des immigrants de France à l’âge de la retraite ont droit à une pension généreuse de la Sécurité sociale française, et arrivent donc en Israël avec une force d’achat significative. Par exemple, rien qu’en 2013, la Sécurité sociale française a versé des allocations pour un total de 9,72 millions d’euros à ses assurés partis résider en Israël, la majorité des paiements étant des pensions retraite et de réversion.
En ce qui concerne la jeunesse, au regard du fort sentiment d’insécurité éprouvé par les jeunes Juifs de France, il n’est pas surprenant qu’on trouve chez les jeunes âgés de 24 à 34 ans le taux le plus élevé de personnes ayant l’intention d’immigrer en Israël.

Toutefois, précise Marc Eisenberg, président de Qualita, « il n’est pas certain que la destination privilégiée des jeunes juifs de France soit Israël. Parallèlement à la décision d’immigrer en Israël, une partie importante des Juifs de France examine très sérieusement la possibilité de partir résider dans des pays comme le Canada, les États-Unis ou l’Angleterre. Certains de ces pays proposent des programmes avantageux pour attirer les émigrants de France, surtout dans les domaines professionnels demandés dans le pays en question. ». Et d’ajouter « la Alyah est un choix de vie qui ne se résume pas à la rentabilité économique que celui-ci représente pour les individus. Le propre du olé est de venir pour se reconstruire en Israël mais aussi pour construire son pays et mettre sa pierre dans ce bel édifice qu’est l’Etat hébreu. Mais s’il ne trouve pas de bonnes conditions pour s’y intégrer professionnellement et si Israël ne lui propose pas un horizon professionnel adapté à ses compétences, le pays aura perdu le pari et laissera partir un individu qui a tout à donner et presque rien à prendre du pays. C’est la raison d’être du Hub de l’emploi que vient d’ouvrir l’Organisation Qualita.

En effet, fort de ces résultats Qualita, -dont l’activité essentielle consistait jusqu’à présent à fédérer, professionnaliser et à aider le tissu associatif existant pour l’intégration des olim francophones-, prend l’initiative d’ouvrir un Hub Emploi pour aider chaque olé à optimiser son entrée dans le marché de l’emploi israélien.
Même si l’on vient en Israël par pur idéologie, ce choix de vie se traduit très vite par une adaptation très concrète à une réalité socio-économique et culturelle différente. Or, on ne peut pas parler d’intégration sans parler d’insertion professionnelle. Il s’agit là d’un pari à relever avant tout à caractère personnel pour qui veut faire de son histoire d’Alyah une histoire de réussite et d’avancée individuelle ou familiale. Souvent le travail n’a pas qu’un rôle fonctionnel, mais il représente également un attribut identitaire de taille. Pour autant, l’intégration optimale du olé français dans le marché du travail israélien n’est pas seulement une affaire de particuliers. Pour Ariel Kandel, directeur général de Qualita, la vague d’Alyah française est l’occasion de repenser le système d’aide à l’emploi pour les nouveaux immigrants. Soyons clair : il ne s’agit pas d’encourager un assistanat où les efforts incontournables à l’insertion seraient gommés comme par un coup de baguette magique. Il n’empêche que seule une analyse franche et réaliste des difficultés existantes et des autres horizons attractifs se présentant à la population française, conjuguée à des efforts concrets pour faire face aux problématiques liées à l’emploi des olim francophones, permettront de transformer les difficultés en opportunité pour la société israélienne, de rebondir et de bénéficier des atouts que la population française peut lui apporter.

Les résultats de l’étude de Bar Ilan parlent d’eux même : si l’intégration de l’Alya francophone dans les meilleures conditions est un challenge à relever c’est surtout une opportunité unique d’avancée de la société israélienne qui a tout à y gagner économiquement tel que cette étude le montre mais aussi démographiquement, sociétalement et culturellement.