Nous avons tous vu les chiffres : quelques 30 000 Juifs ont choisi de monter en Israël en 2015, parmi lesquels près de 8 000 venus de France. Nous ne pouvons pas prendre ces chiffres pour acquis. Pour chaque famille française qui s’installe en Israël, il y en a encore des dizaines qui observent attentivement comment leurs amis et leurs familles sont intégrés.
Ces ‘’hésitants’’ sont sionistes, ils aiment Israël et veulent faire partie de cette histoire fabuleuse qu’est l’Etat d’Israël. Mais ils entendent aussi des voix, lointaines (venues du Canada par exemple), qui les exhortent à émigrer chez elles et sont prêtes à dérouler un tapis rouge pour eux. Ces pays ont compris l’ampleur de l’apport que ces nouveaux immigrants de qualité peuvent leur offrir.
Le creuset israélien a permis à notre pays d’être ce qu’il est aujourd’hui : une puissance technologique, un miracle économique, une force régionale. Les olim de France font partie intégrante de ce miracle sociologique. Leurs frères, restés à Paris, Marseille ou sur la Côte d’Azur peuvent contribuer à ce miracle et aider à faire face aux défis du présent et du futur. C’est d’ailleurs ce qu’ils souhaitent.
Il n’est pas simple de vivre sa vie de Juif en France. Ces dernières années, les Juifs français ont vécu le massacre de Toulouse et l’attentat de l’Hypercasher, dont nous commèmorerons dans quelques jours la date anniversaire. Ils souffrent quotidiennement de mille et un petits harcèlements, certains menaçants. Parmi ces familles, certaines sont loin de rouler sur l’or. Elles veulent monter en Israël, mais elles se demandent si elles pourront subvenir à leurs besoins en Israël.
Les Juifs de France regardent Israël avec espoir, mais ils entendent également le cri des dentistes, des infirmières ou des professionnels paramédicaux qui doivent faire face à des difficultés bureaucratiques. Quand un olé arrive en Israël, il ne demande qu’une chose : donnez-moi la chance de pouvoir travailler dans mon domaine et devenir un des moteurs de la croissance de mon pays.
A l’ère des réseaux sociaux et d’Internet, le meilleur encouragement à l’alya, c’est une intégration réussie. Les success-story sont répercutées par le bouche-à-oreille, mais les récits moins joyeux également. Pour permettre une intégration de qualité, nul besoin de milliards de dollars, mais plutôt d’un plan gouvernemental qui prenne en compte les besoins spécifiques des olim dès leur arrivée.
Un programme de ce type, tablant sur l’arrivée de 50 000 olim dans les années à venir, a été présenté il y a peu au ministre de l’Alya et de l’Intégration, Zeev Elkin, qui nous a écouté avec attention. Ce plan présentait plusieurs points. Les principaux : une révolution dans l’approche de l’intégration professionnelle, des solutions de logement pour les familles aux moyens financiers limités, des réponses aux besoins éducatifs des jeunes Olim et l’apprentissage de l’hébreu dès la France. Il s’agit de quelques centaines de millions de shekels qui généreront un retour sur investissement phénoménal. Car comme plusieurs études l’ont prouvé, quand l’Etat investit un shekel dans un olé, cela lui rapporte plusieurs dizaines de shekels à terme.
L’année 2015 fut difficile pour la France et ses Juifs. Nombre d’entre eux veulent aujourd’hui faire partie de l’Etat d’Israël. Nous devons profiter de cet élan et agir dès aujourd’hui, afin de les rapprocher de la réalisation de leur rêve.

Billet d’opinion de Michael Bensadoun, directeur de Qualita publié dans Israël Hayom : http://www.israelhayom.co.il/opinion/342715