L’alya : une des clés de la réussite de l’Etat d’Israël. L’apport des millions de personnes ayant quitté leurs pays d’origine pour se fondre dans le creuset israélien a permis à l’Etat d’Israël d’être ce qu’il est aujourd’hui. Un pays dynamique, varié, en constant renouvellement, qui n’a pas peur de se remettre en question et sait utiliser son trésor le plus précieux : sa population issue des quatre coins du monde.

L’alya de France n’est pas en reste dans cet apport humain hors du commun. Mais force est de constater que parmi les nouveaux olim, persiste le sentiment qu’il est possible de faire beaucoup plus pour leur permettre de s’intégrer à cette société israélienne qu’ils ont rejointe par idéal.

Et alors que plus que jamais, le malaise de la communauté juive de France la pousse à aller chercher ailleurs des cieux plus cléments, l’Etat d’Israël comprend peu à peu que le meilleur moyen d’encourager les Juifs de France à choisir Israël est d’intégrer le mieux possible leurs amis, leur famille, qui ont déjà franchi le pas et choisi Israël.

« Je veux dire aux Juifs de France et d’Europe qu’Israël est leur foyer. Tout Juif désirant monter en Israël sera accueilli les bras ouverts. Nous vous aiderons à vous intégrer dans notre pays »

(Binyamin Netanyahou, au lendemain de l’attentat à Hyper Casher, janvier 2015)

Révolutionner l’approche des pouvoirs publics et de la société israélienne face à l’alya francophone : c’est donc le défi qu’a décidé de relever Qualita. Et pour cela, cette organisation qui a pour objectif d’optimiser l’intégration des olim francophones a travaillé dur : pas question d’enfoncer des portes ouvertes, pas question non plus de se contenter de signaler des inégalités ou des erreurs. Pour renforcer la qualité de l’intégration des Olim de France, il fallait en premier lieu comprendre qui ils sont, quels sont leurs besoins, leurs inquiétudes, leurs questionnements. Il fallait aussi souligner ce qui, pour eux, pour nous, est évident, mais qui a vraisemblablement besoin d’être clamé haut et fort : l’alya de France est une formidable chance pour l’Etat d’Israël. Ce que les nouveaux immigrants de l’Hexagone apportent à leur pays d’accueil est révolutionnaire : idéalistes, sionistes, cultivés, sérieux, ouverts, tolérants, les olim de France ont énormément à apporter à une société israélienne déchirée par la compartimentation des communautés ethniques ou des appartenances religieuses. Sans parler de leur apport à l’économie israélienne…

Enfin, Qualita a choisi de ne pas se contenter de solliciter les pouvoirs publics, puisqu’elle a l’intention d’investir elle-même des sommes conséquentes pour assurer non seulement que les modifications, qu’elle estime essentielles, de la politique d’intégration, soient adoptées, mais également qu’elles perdurent.

Motivée par cet axiome de base et décidée à présenter au gouvernement des propositions tangibles, efficaces et réalistes, la direction de Qualita a travaillé durant de longs mois et a utilisé tout le savoir-faire des acteurs associatifs francophones israéliens, mais aussi des analystes spécialisés dans ce domaine, qui ont abordé tous les pôles d’une intégration réussie. Le résultat : un plan présenté il y a peu au ministre de l’Alya et de l’Intégration, Zeev Elkin, qui a accueilli avec enthousiasme l’approche holistique de Qualita et a déjà annoncé que la collaboration de son ministère avec l’organisation ne faisait que commencer. Ses principes directeurs, décidés également sur la base d’une étude approfondie des caractéristiques de l’alya de France : a) la nécessité d’offrir des services différentiels en fonction des besoins des différentes populations ; b) l’exigence d’une préparation pré-alya ; c) un investissement financier égalitaire pour toutes les immigrations, selon un programme adapté à chacune.

Tablant sur 50 000 olim pour les trois années à venir, Qualita a choisi dans un premier temps de se concentrer et de présenter au ministère un programme détaillé concernant deux pôles principaux : l’intégration professionnelle et le rôle – crucial – des ‘’proyektorim’’, les conseillers d’intégration qui sont le véritable pont entre les olim et les pouvoirs publics.

@L’intégration professionnelle

Pourquoi les Juifs français, qui ont déjà décidé de quitter leur pays d’origine, hésitent-ils à choisir Israël ? L’un des principaux freins à la décision d’immigrer en Israël est liée à la crainte de ne pas y trouver un emploi correspondant à leurs capacités professionnelles et à leurs besoins financiers. Il est donc impératif d’investir bien davantage dans l’intégration professionnelle.

Une enquête de terrain conduite en décembre 2013 a posé la question suivante à 2400 Juifs de France : quelles sont les raisons principales pour lesquelles les Juifs de France ne font pas leur alya ? La réponse :  52% citent la non maîtrise de l’hébreu et 48% les difficultés liées à la recherche d’un emploi satisfaisant.

Comment révolutionner cette intégration ? Tout d’abord en encourageant l’apprentissage de l’hébreu en aval ; en analysant, dès la France, les atouts professionnels de chaque olé et en accompagnant les candidats à l’alya dans leur recherche d’emploi ; en mettant en place un programme de second Oulpan, personnalisé ; en offrant des services d’accompagnement professionnel (conseil, formation, mais aussi placement), tant pour les olim diplômés que non-diplômés ; en créant des maisons de l’emploi dans les grandes villes d’Israël ; en encourageant les entreprises à employer des olim et en repérant les emplois où les olim sont susceptibles de faire profiter de leur expérience et de leurs aptitudes.

Fer de lance de ce programme : les Hub, ces centres d’intégration professionnelle créés dans les grandes villes d’Israël qui regrouperaient tous les services nécessaires aux olim désireux de trouver un travail correspondant à leurs besoins et capacités, voire de se reconvertir professionnellement. Là aussi, pas question de laisser place au hasard : fidèle au principe de méritocratie, qui accompagne Qualita dans chacune de ses démarches, ne seront envisagés que les prestataires de service ayant prouvé un taux de réussite avéré. Par ailleurs, des indices précis et des objectifs à atteindre seront imposés.

@Renforcer le statut des conseillers d’intégration

Ils sont sur le terrain, jour après jour, accompagnent les olim dans leurs démarches, leurs tâtonnements, leurs craintes mais aussi leurs joies. Ils prennent le pouls de cette alya et sont l’interlocuteur privilégié des nouveaux immigrants qui découvrent Israël de l’intérieur. Ils sont le pont entre les olim et les pouvoirs publics, l’oreille attentive quand les doutes surviennent. Les conseillers d’intégration, ou ‘Proyektorim’ en hébreu, sont essentiels dans le processus d’installation des olim dans leur ville ou localité d’accueil.

Or, malgré cet état des lieux, il y a encore énormément à faire pour renforcer leur statut et surtout, pour leur donner les moyens de mieux réussir.

Qualita a décidé de s’engager personnellement pour améliorer le travail et le rendement des conseillers d’intégration et cet engagement s’est traduit, durant la rencontre entre la direction de Qualita et le ministre de l’Intégration, par la présentation d’un projet commun poursuivant précisément cet objectif. Les deux parties ont d’ailleurs déjà fixé de se rencontrer afin de penser, et construire, ensemble, un programme dont bénéficieront non seulement les olim francophones mais également ceux des autres pays.

@Ce n’est qu’un début…

Bien entendu, il ne s’agit là que des prémices d’un programme beaucoup plus vaste, englobant tous les défis que représentent l’alya et l’intégration. Logement, éducation formelle et informelle, vie communautaire, retraites, équivalences des diplômes, micro-crédits destinés à l’entreprenariat, armée, sont autant de pôles de réflexion et d’action sur lesquels Qualita se penche et continuera de se pencher dans les mois à venir. « Si vous le voulez, cela ne sera pas un rêve » : cette phrase de Théodore Herzl résonne depuis plus d’un siècle. Elle est le moteur, l’âme du sionisme. Elle nous engage, nous met au défi de « vouloir », afin de « pouvoir ». Im Tirtsou, Ein Zo Agada…

Saurons-nous réaliser le potentiel de l’alya francophone ? Parviendrons-nous à encourager ceux qui ont déjà décidé de quitter l’Hexagone à choisir Israël ? C’est de nous, anciens olim, associés à l’Etat d’Israël, que dépend la réponse…