« A la retraite nous irons vivre en Israël », combien de fois avons-nous prononcé cette phrase ! se demande Simon rencontré sur le Kikar à Natanya. Il est vrai que c’est tentant. Climat, vie sociale, avantages, un Gan Eden pour les retraités, surtout ceux qui perçoivent leur retraite en euros. Ils sont d’ailleurs nombreux à passer du souhait à la réalité. Comme Simon qui accepte, pour Actu J, de revivre son alyah depuis Paris jusqu’à la Terre que lui et Suzy s’étaient promise.

Déjà dans l’avion, c’est différent. Cette fois nous voyageons en Israéliens tout comme l’est le commandant de bord me suis-je dit confie Simon. Arrivés à Ben-Gourion, passage par la case ministère de l’Intégration qui nous remet notre carnet d’olé, notre carte d’identité, un premier paiement sur le compte du panier d’intégration ainsi qu’un bon pour prendre un taxi jusqu’à notre destination finale. Officiellement Israéliens, nous ouvrons la porte de « chez nous » et non celle de l’appartement de vacances acquis il y a quelques années. Le lendemain, c’est le début de notre vie d’olim. Ministère de l’Intégration, ouverture d’un compte bancaire, inscription à l’oulpan, à la sécu, à une auto-école pour passer le test qui donne droit au permis de conduire israélien. Premières courses au supermarché. Pourquoi un yaourt coûte-t-il un euro, il n’y a pas de vaches en Israël ?

A la caisse, chech méot chekels, je multiplie par 4 et des poussières, non je divise, bon ça fait combien en euros Suzy ? Mais d’où je sais, paie et c’est tout ! Je sors ma carte de crédit, 3, 6 me demande la caissière. Quoi 3, 6 ? Ah, en combien de fois je veux payer ? En une fois ça ira, je vais m’habituer à “lekhalek”, diviser comme ils disent. Premiers jours d’oulpan. “Shalom mora, chmi Michel. Eikh korim lékha ?” [Bonjour professeur, je m’appel Michel, comment vous appelez-vous ?]. « Lakh », me dit-elle, « je suis une femme », la honte ! Premier cours de conduite histoire de s’adapter plus à l’ego des Israéliens qu’aux panneaux. J’ai même klaxonné le conducteur devant moi avant même que le feu ne passe au vert, histoire de me mettre dans la peau d’un vrai Israélien s’amuse Simon. « Et plus belle la vie » a paniqué Suzy, le premier soir. « T’inquiète pas, chérie, en Israël sur le câble, on capte France 3. Demain je m’en occupe, pour aujourd’hui va chez la voisine ! »

Source: http://www.actuj.com/2016-02/israel/2984-l-alyah-une-retraite-au-soleil