(Article traduit du journal israélien Makor Rishon)

La communauté francophone d’Israël est en ébullition : en marge de l’organisation Qualita, fondée par l’homme d’affaire Marc Eisenberg, une cinquantaine de olim de France ont décidé d’agir pour faire avancer les intérêts de la communauté en Israël.

Ces initiatives font suite au combat entamé par le Dr David Tibi, dentiste, qui proteste contre la non reconnaissance des diplômes français. Un combat dont l’hebdomadaire Makor Rishon s’est fait l’écho.

Entre autres, des équipes se sont formées pour mettre en avant les besoins des olim face aux pouvoirs publics et aux médias. Qualita, de son côté, a engagé une société de relations publiques israélienne afin de les présenter de manière positive dans les médias.

Dr Tibi a publié une pétition sur Internet dans laquelle il appelle le Premier ministre Binyamin Netanyahou à reconnaitre les diplômes des olim de France, mais pour le moment, malgré son travail acharné et celui de ses camarades, la campagne ne semble intéresser pour le moment que les francophones. Désormais, Qualita tente de faire bouger les choses : Eisenberg a investi un million de dollars dans l’organisation, qui réunit, pour la première fois, des dizaines d’associations d’olim de France, majoritairement locales.

« Les budgets destinés aux olim de France ne sont pas suffisants », affirment Eisenberg. « Nous comprenons aujourd’hui qu’avec les politiciens israéliens, il faut faire du bruit et s’énerver, si on veut que les choses bougent. Il n’est pas logique que les Français constituent 27% des olim, que la France soit le pays qui fournit le plus de nouveaux immigrants mais qu’ils ne reçoivent toujours pas les budgets qui leur reviennent. »

« Il est important, de notre point de vue, qu’en Israël, on comprenne que les Juifs de France ne sont pas tous riches », explique-t-il. Il y a beaucoup de pauvres, mais ce sont des sionistes de tous les points de vue. Ils ont du mal à quitter la France car ils reçoivent un panier d’allocations important du gouvernement français. »

Une des solutions envisagées par Qualita consiste à proposer aux olim de travailler en tant que conducteurs de bus.

« La situation en France est difficile, et le moment est venu d’investir dans les Juifs de France. Si par malheur un autre attentat terroriste était perpétré, 50 000 juifs pourraient décider de quitter le pays. »

Le ministre de l’Alya et de l’Intégration, Zeev Elkin, a expliqué en réaction : « Concernant les olim de France et d’Ukraine, un arrêté gouvernemental nous permet de leur accorder des aides particulières, et cet argent est transféré afin de financer les droits supplémentaires dont ils jouissent. Nous sommes beaucoup critiqués pour ce que certains qualifient une discrimination positive. »

Elkin fait allusion, entre autres, aux aides additionnelles accordées pour l’apprentissage de l’hébreu et aux initiatives spéciales en faveur de l’intégration des olim de France et d’Ukraine, suite à la situation particulière qui règne dans ces pays. « Les olim de Russie, ou des Etats-Unis, qui constituent de grands groupes de olim, ne reçoivent pas cette aide », précise le ministre, « le reste du budget est égal pour tous ».

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